Peut-on envoyer un e-mail de prospection à une entreprise sans son accord ?

Mis à jour le 12 septembre 2026

La réponse

Oui. En France, un professionnel peut recevoir un e-mail de prospection sans avoir donné son consentement, à trois conditions : l’offre est en rapport avec son activité, l’expéditeur est clairement identifié, et chaque message permet de s’opposer simplement et gratuitement aux envois suivants. C’est la position de la CNIL, qui applique l’article L34-5 du code des postes et des communications électroniques et l’intérêt légitime du RGPD. Les adresses génériques d’une société (contact@, info@) ne sont pas concernées par ces règles ; les adresses nominatives (prenom.nom@) le sont.

Consentement pour les particuliers, opposition pour les professionnels

L’article L34-5 du CPCE interdit la prospection par e-mail vers une personne physique qui n’y a pas consenti, sauf si elle est déjà cliente et que l’offre porte sur des produits ou services analogues. Pour les professionnels, la CNIL admet une autre lecture : sollicités au titre de leur métier, ils peuvent être prospectés sans consentement préalable, sur la base de l’intérêt légitime (RGPD, art. 6.1.f), à condition d’en être informés et de pouvoir s’y opposer.

Le critère décisif est le lien avec la profession : proposer un logiciel de devis à un plombier est en rapport avec son activité ; lui proposer une assurance habitation personnelle ne l’est pas.

Adresse générique ou adresse nominative

Selon la CNIL, les adresses génériques d’une personne morale (contact@, info@, commercial@) ne sont pas soumises aux règles de la prospection des personnes physiques. Une adresse nominative (jean.dupont@société.fr) l’est : c’est une donnée personnelle, et la règle « en rapport avec la profession » s’applique.

Prudence avec les entrepreneurs individuels : l’adresse contact@ d’une micro-entreprise identifie souvent une seule personne. Traitez-la comme une adresse nominative : offre liée au métier, information, opposition respectée.

Ce que chaque message doit contenir

Que l’adresse soit générique ou nominative, un e-mail de prospection propre contient :

  • l’identité réelle de l’expéditeur (entreprise, personne, coordonnées) ; la dissimuler est interdit par l’article L34-5 ;
  • un lien ou une adresse permettant de refuser les messages suivants, sans frais ;
  • au plus tard au premier message, l’information exigée par l’article 14 du RGPD quand les données n’ont pas été collectées auprès de la personne : qui vous êtes, d’où vient l’adresse, pourquoi vous écrivez, ses droits ;
  • un objet et un contenu qui correspondent à ce que vous proposez.

SIRENE : exclure les entreprises en diffusion partielle

Le répertoire SIRENE est public, mais une entreprise peut demander que ses données ne soient pas utilisées à des fins de prospection (article R123-232-1 du code de commerce). L’INSEE la signale par le statut de diffusion partielle (valeur « P ») : pour un entrepreneur individuel, son nom, son enseigne et son adresse précise sont alors masqués. Ces entreprises doivent être retirées de tout fichier de prospection construit à partir de SIRENE ; Findingbase les écarte avant tout affichage.

Combien de temps garder les données d’un prospect

Le référentiel de la CNIL sur la gestion des activités commerciales retient trois ans à compter de la collecte ou du dernier contact venant du prospect (une réponse, un clic, une demande). Au-delà, supprimez ou anonymisez. Les oppositions, elles, se conservent pour pouvoir être respectées.

Sanctions

Le non-respect de l’article L34-5 peut être sanctionné par la CNIL et par la DGCCRF. Le Conseil constitutionnel a censuré le cumul de ces sanctions (décision n° 2026-1210 QPC du 25 juin 2026), avec une abrogation reportée au 31 octobre 2027 ; les règles de fond ne changent pas.

Questions fréquentes

Faut-il le consentement d’une entreprise pour lui envoyer un e-mail de prospection ?

Non, si l’offre est en rapport avec son activité, que l’expéditeur est identifié et que chaque message permet de s’opposer aux envois suivants. C’est la doctrine de la CNIL pour la prospection entre professionnels (art. L34-5 du CPCE, intérêt légitime du RGPD).

Peut-on écrire à l’adresse contact@ d’une entreprise ?

Oui. Selon la CNIL, les adresses génériques d’une personne morale ne relèvent pas des règles de prospection des personnes physiques. Pour une entreprise individuelle, dont l’adresse identifie souvent une personne, appliquez tout de même la règle du lien avec la profession et le droit d’opposition.

Un lien de désinscription est-il obligatoire en B2B ?

Oui. L’article L34-5 impose d’indiquer dans chaque message des coordonnées permettant de demander, sans frais, que les envois cessent, et le droit d’opposition à la prospection (RGPD, art. 21) doit pouvoir s’exercer simplement.

Peut-on utiliser la base SIRENE pour prospecter ?

Oui, SIRENE est en open data, à condition d’exclure les entreprises en diffusion partielle, qui se sont opposées à l’usage de leurs données à des fins de prospection (art. R123-232-1 du code de commerce).

Sources

Cette page résume les textes et la doctrine publique à la date indiquée ; elle ne remplace pas un conseil juridique.

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